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Posts Tagged ‘charles baudelaire’

G and I got together one weekend and made a little video. He had a great idea to set me reciting a poem along with background music to scenes that he recorded on his video camera. After a couple hours he had about 20 minutes to choose from which he looked at and worked extra hard to put something together. The result is something awesome! I hope you enjoy it!

I’ll put the poem and translation here for you to read first.

French:

J’implore ta pitié, Toi, l’unique que j’aime,
Du fond du gouffre obscur où mon coeur est tombé.
C’est un univers morne à l’horizon plombé,
Où nagent dans la nuit l’horreur et le blasphème;

Un soleil sans chaleur plane au-dessus six mois,
Et les six autres mois la nuit couvre la terre;
C’est un pays plus nu que la terre polaire
— Ni bêtes, ni ruisseaux, ni verdure, ni bois!

Or il n’est pas d’horreur au monde qui surpasse
La froide cruauté de ce soleil de glace
Et cette immense nuit semblable au vieux Chaos;

Je jalouse le sort des plus vils animaux
Qui peuvent se plonger dans un sommeil stupide,
Tant l’écheveau du temps lentement se dévide!

English:

Have pity, my one love and sole delight!
Down to a dark abyss my heart has sounded,
A mournful world, by grey horizons bounded,
Where blasphemy and horror swim by night.

For half the year a heatless sun gives light,
The other half the night obscures the earth.
The arctic regions never knew such dearth.
No woods, nor streams, nor creatures meet the sight.

No horror in the world could match in dread
The cruelty of that dire sun of frost,
And that huge night like primal chaos spread.

I envy creatures of the vilest kind
That they in stupid slumber can be lost —
So slowly does the skein of time unwind!

❤ Me

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La femme cependant, de sa bouche de fraise,
En se tordant ainsi qu’un serpent sur la braise, 
Et pétrissant ses seins sur le fer de son busc, 
Laissait couler ces mots tout imprégnés de musc: 
— «Moi, j’ai la lèvre humide, et je sais la science 
De perdre au fond d’un lit l’antique conscience. 
Je sèche tous les pleurs sur mes seins triomphants, 
Et fais rire les vieux du rire des enfants. 
Je remplace, pour qui me voit nue et sans voiles, 
La lune, le soleil, le ciel et les étoiles! 
Je suis, mon cher savant, si docte aux voluptés, 
Lorsque j’étouffe un homme en mes bras redoutés, 
Ou lorsque j’abandonne aux morsures mon buste, 
Timide et libertine, et fragile et robuste, 
Que sur ces matelas qui se pâment d’émoi, 
Les anges impuissants se damneraient pour moi!» 

Quand elle eut de mes os sucé toute la moelle, 
Et que languissamment je me tournai vers elle 
Pour lui rendre un baiser d’amour, je ne vis plus 
Qu’une outre aux flancs gluants, toute pleine de pus! 
Je fermai les deux yeux, dans ma froide épouvante, 
Et quand je les rouvris à la clarté vivante, 
À mes côtés, au lieu du mannequin puissant 
Qui semblait avoir fait provision de sang, 
Tremblaient confusément des débris de squelette, 
Qui d’eux-mêmes rendaient le cri d’une girouette 
Ou d’une enseigne, au bout d’une tringle de fer, 
Que balance le vent pendant les nuits d’hiver.

 

~Charles Baudelaire

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